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Le travail autonome : est-ce vraiment payant?

Le travail autonome : est-ce vraiment payant?

 

 

Par Kerry Knapp
Collaborateur de Monster


Si vous songez à devenir travailleur autonome, sachez que vous n’êtes pas le seul. Statistique Canada estime que quelque 2,5 millions de Canadiens, soit 15 % de la population nationale, sont des travailleurs autonomes, une catégorie qui regroupe les propriétaires d’entreprises, les pigistes et de nombreux travailleurs à contrat.

Ces statistiques n’ont cessé de progresser au cours des dernières décennies, les employeurs cédant en sous-traitance des services auparavant fournis par des employés standards. Il semble qu’une nouvelle hausse se prépare compte tenu des soubresauts actuels de l’économie canadienne.

Mais qui se démarque à la longue, l’employé ou le travailleur autonome? Le travail autonome est-il aussi lucratif qu’on pourrait le croire? J’ai mené une enquête non scientifique auprès d’amis et de collègue à leur compte afin d’établir les avantages et les inconvénients du travail autonome. Voici un aperçu de mes conclusions.

Les bons côtés : plus d’argent!

Revenus :
En règle générale, le travailleur autonome gagne plus d’argent que l’employé standard. Statistique Canada révèle que les gains annuels moyens s’élevaient à 40 900 $ en 2004 pour un emploi standard, contre 55 600 $ pour un travail autonome.

Mon propre sondage corrobore ces chiffres. Même si plusieurs travailleurs autonomes ont indiqué qu’ils faisaient à peu près le même salaire que leurs collègues employés, plus de 35 % ont précisé qu’ils gagnaient au moins 25 % de plus.

Toutefois, lorsqu’on calcule le revenu horaire ou annuel, la pigiste Karin Montin tient à faire cette précision : « On peut consacrer parfois jusqu’à 30 % de son temps à des tâches administratives (suivi de dossiers, facturation et établissement d’estimations), si bien que chaque heure n’est pas une heure rémunérée. »

Allégements fiscaux : L’effet des salaires plus élevés est amplifié par les déductions considérables auxquelles ont droit les pigistes et les travailleurs à contrat. Ces montants regroupent une panoplie de frais, des factures d’électricité au mobilier, sans oublier l’utilisation d’un véhicule privé, et peuvent représenter une somme importante.

Économies : Enfin, le travailleur autonome peut réaliser des économies appréciables sur le transport, les vêtements de travail et les repas à l’extérieur. À cet égard, environ 42 % des répondants ont indiqué qu’ils économisaient entre 2 000 et 4 000 $ par année.


Les mauvais côtés : dépenses accrues et insécurité financière

Frais professionnels :
Ils peuvent varier considérablement selon votre domaine d’activité, l’aménagement du bureau et ainsi de suite. Quarante-trois pour cent de mes répondants ont estimé que leurs frais annuels étaient de 2 000 à 4 000 $, ce qui annule les économies décrites plus haut.

« Il faut se rappeler que de se lancer comme pigiste entraîne des frais, précise le pigiste Cory McAdam. Il ne faut pas lésiner là-dessus. L’une des façons d’afficher son professionnalisme est de se munir de l’équipement nécessaire pour traiter avec des clients qui utilisent la technologie la plus récente et s’attendent à ce que vous fassiez de même. La téléréponse, l’afficheur, l’Internet à haute vitesse, l’ordinateur de pointe, les logiciels à jour, etc., sont autant d’incontournables. »

Instabilité du revenu : Même si de nombreux travailleurs autonomes ont des revenus relativement stables, 7 % de mes répondants ont dégagé des revenus ayant fluctué de plus de 25 % d’une année à l’autre.

De toute évidence, l’instabilité atteint son paroxysme lors du démarrage de l’entreprise. McAdam explique : « À moins que vous ne laissiez tomber un poste à plein temps pour des contrats garantis, vous devez vous attendre à consacrer au moins les deux premières années à l’établissement de votre clientèle. Cela nécessite une planification financière serrée pour pouvoir passer plusieurs mois avec un revenu bien moindre. »

Coût du remplacement des avantages sociaux : Le travailleur autonome n’a pas de caisse de retraite, de vacances payées, de congés de maladie, de prestations de retraite, de prestations de maladie, vous saisissez le topo? Le coût de remplacement d’une partie ou de la totalité de ces avantages peut s’avérer prohibitif.

Selon le régime choisi, l’assurance-invalidité peut coûter jusqu’à 100 $ par mois. L’assurance-médicaments peut coûter environ 55 $ par mois. Quant aux vacances, elles grugeront environ 8 % de vos gains annuels.

Et que dire de cette double déveine : en vertu du RPC/RRQ, le travailleur autonome est tenu de verser la cotisation de l’employeur et de l’employé. Ainsi, pendant que l’employé ne paiera que 2 118,60 $ au RPC en 2009, le travailleur autonome devra payer le double, à savoir 4 237,20 $!

Conclusion

Le travail autonome ne convient pas à tout le monde. Les travailleurs à contrat et les pigistes doivent gérer leurs finances avec soin et mettre de l’argent de côté pour les acomptes provisionnels, les versements de TVQ et de TPS, les cotisations au REER et ainsi de suite. Ce n’est pas toujours facile.

Mais pour ceux qui ont la discipline, le jeu en vaut-il la chandelle?

Les répondants à mon sondage semblent le croire. Lorsque je leur ai demandé si leur situation financière était meilleure, 64 % ont répondu par l’affirmative, 29 % n’en étaient pas certains et seulement 7 % ont dit « non ».

 

 


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