Nos athlètes olympiques occupent aussi des emplois

Nos athlètes olympiques occupent aussi des emplois

Par le conseiller en carrières de Monster


Le skeletoneur canadien Jon Montgomery représente un espoir de médaille. Mais même s’il est classé deuxième au monde dans sa discipline, il doit aussi gagner sa vie comme chacun d’entre nous. Il travaille donc à temps partiel comme conseiller aux ventes/dans des encans automobiles et passe le plus gros de ses journées à s’entraîner en prévision des jeux olympiques d’hiver de 2010 de Vancouver (Colombie-Britannique).
 
Et c’est le cas de nombreux autres athlètes de pointe canadiens, qui doivent équilibrer de rigoureux horaires de séances d’entraînement, mettre en pratique les conseils de leurs entraîneurs, voyager et prendre part aux compétitions... tout en parvenant à joindre les deux bouts. Bien sûr, cela donne des horaires démentiels et une panoplie assez intéressante d’emplois.

Bonjour, je suis une curleuse de calibre mondial… et une professionnelle en développement de logiciels
 
Je vous présente Jacquie Armstrong, membre de l’équipe olympique canadienne de curling. Voici comment elle décrit son train de vie bien rempli : « Je suis une professionnelle en développement de logiciels. J’ai un travail, un mari et deux enfants. Il est difficile de trouver le juste équilibre entre le sport, le travail et la famille tout en veillant à ne rien négliger. »
 
L’entraînement de Jacquie lui demande 20 heures par semaine : 7,5 heures d’exercices cardiovasculaires, d’entraînement par intervalle, de musculation, d’entraînement de base et d’assouplissements, et puis 12,5 heures sur la glace. Elle ne vise rien d’autre que la médaille d’or aux Olympiques de 2010. Mais tout comme le cours réel du métal jaune, le prix d’une médaille d’or est très élevé. « Nous avons reçu chez nous des amis que je ne pourrais pas voir dans les six prochains mois, explique Jacquie. Mon mari a dû demander qu’on assouplisse ses horaires de travail pour pouvoir aller chercher les enfants à la garderie. Mais le plus frustrant, c’est d’avoir raté les parties de hockey de mon fils cet automne. »
 
L’aide financière aux olympiens canadiens : pas toujours facile à obtenir
 
Contrairement à bien d’autres pays présents aux olympiques et qui commanditent leurs athlètes à part entière (par exemple la Russie, la Chine et, dans une certaine mesure, les États-Unis), les athlètes de pointe canadiens ne reçoivent pas le soutien financier qui leur permettrait de se consacrer entièrement à leur discipline. Bien entendu, les organismes de soutien financier comme Sport Canada, qui fait partie du ministère du Patrimoine canadien, sont très utiles. Leurs Programme d’aide aux athlètes et Programme de soutien au sport sont d’un apport évident. Mais ces programmes ne couvrent pas nécessairement tous les coûts associés au recrutement du meilleur entraîneur, à l’achat et à l’entretien d’équipement haut de gamme ou au règlement des frais de déplacement et de subsistance.
 
C’est la raison pour laquelle de nombreux athlètes cherchent d’autres sources de financement qu’un emploi, car un emploi se traduit souvent par la perte d’un trop grand nombre d’heures d’entraînement et est assujetti à un horaire rigide qui ne convient pas à la vie chaotique d’un athlète. Voilà pourquoi nos meilleurs athlètes se tournent vers des sources de financement telles que la promotion de produits, les conférences lucratives, les donateurs privés et les commandites d’entreprises. À titre d’excellents exemples, notons les programmes Équipe Visa, de Visa Canada, et Ensemble avec nos athlètes, de Rona.
 
Des bases fragiles
 
Songez un peu à Marie-France Dubreuil, médaillée d’or aux championnats nationaux canadiens de 2004, 2005, 2006 et 2007 dans la catégorie danse sur glace sénior. Lorsqu’elle et son partenaire de danse et conjoint Patrice Lauzon participaient à des compétitions mondiales (dont les Olympiques), Dubreuil s’entraînait six jours par semaine, 4,5 heures du lundi au vendredi et 2,5 heures le samedi. Elle suivait également des cours de danse et de ballet et faisait de la musculation et de l’entraînement de base. Si tout s’était bien déroulé dans l’année, elle s’offrait trois semaines de repos en juin et une autre en août.
 
Son C.V. est tout aussi diversifié que ses sources de revenu. Dubreuil recevait une aide financière de Patinage Canada, décrochait des prix en argent lorsqu’elle remportait certaines compétitions et obtenait des revenus de spectacles de patinage. Au début de sa carrière, elle travaillait dans une boutique de patinage, dans un dépanneur et à une patinoire (comme caissière et professeur de patinage pour les enfants), en plus de s’entraîner. « Je ne dormais que quatre heures par nuit; il a fallu que j’arrête tout ça », explique-t-elle.

Dubreuil est très bien placée pour prodiguer des conseils sur le maintien d’un juste équilibre. « Si votre semaine est particulièrement exténuante, déconnectez-vous en faisant une activité divertissante comme magasiner ou aller au cinéma. C’est mon obsession du travail qui constitue mon pire obstacle à un juste équilibre. J’étais encore obnubilée par l’entraînement à la fin de la journée. J’ai dû apprendre à vivre le moment présent. »
 
Panoplie d’emplois divers occupés par d’autres olympiens canadiens
 
Voici un aperçu des revenus et des médailles décrochés par quelques autres de nos meilleurs athlètes.
 
NOM : Travis Cross
DISCIPLINE : Lutte – style libre
JALONS : Champion national à trois reprises, huitième rang aux championnats du monde de 2007
UNIQUE SOUTIEN FINANCIER : Il est pompier et sa ville organise une levée de fonds à son intention, surtout en vendant des T-shirts et des décalcomanies le montrant en train de lutter contre un panda devant la Grande Muraille de Chine.
 
NOM : Jane Rumball
DISCIPLINE : Aviron – femmes en double
JALONS : Médaille d’or (avec sa coéquipière Darcy Marquardt) aux championnats mondiaux d’aviron et à la Coupe du monde d’aviron de Munich, en 2006
UNIQUE SOUTIEN FINANCIER : Tous comme les autres membres de l’équipe canadienne d’aviron, elle a été adoptée par un « commanditaire privé » – dans son cas, il s’agit du dr John Clifford, d’Ingersoll (Ontario) – qui lui versait une allocation mensuelle en échange de séances de motivation et de séminaires.
 
Jongler jour et nuit
 
Participer à des épreuves pour se frotter aux meilleurs au monde n’est pas réservé aux demi-mesures. Pour grimper au classement, il faut une discipline et un esprit de sacrifice incroyables. Sans compter la capacité quasi surhumaine de consacrer la moindre parcelle d’énergie et de concentration juste au bon moment. La seule façon d’y arriver, c’est grâce à l’entraînement, à beaucoup d’entraînement, à une bonne nutrition, à des heures de sommeil appropriées, et à encore plus d’entraînement.
 
Comment donc gagner sa vie dans des conditions aussi exténuantes? Il semble pourtant que la plupart des athlètes de pointe canadiens ne font que ça. Grâce à un savant amalgame d’emplois professionnels, d’activités à temps partiel, de soutien gouvernemental, de commandites et d’autres moyens créatifs, ils en font suffisamment pour respecter leur engagement de décrocher l’or. Une telle démarche demande des efforts olympiens, mais les Canadiens relèvent le défi avec beaucoup de panache.